News & Insights > Insights > Post-pandémie et ecommerce alimentaire - nouveaux modèles et expériences client

  •  By Anastasia Belugina

L’enchaînement des confinements depuis 2020 et la situation sanitaire ont poussé de nombreux Français à changer leurs habitudes de consommation et les marques à développer de nouveaux parcours client. Notamment les services de livraison à domicile des repas et des courses connaissent un succès accéléré : 13,5% de commerce en détail et 20% des ventes des restaurants sont aujourd’hui livrés à domicile (Source : Antoine Lannuzel, France TV Info et Les Echos). Le marché du e-commerce alimentaire est aujourd’hui estimé à 13 milliards d’euros à horizon de 2025 (Source : Maddyness). Et si pour les jeunes c’était déjà une habitude, 84% des 18-24 ans ont déjà fait appel à la livraison de l’alimentaire à domicile (Source : cabinet Food Service Vision), aujourd’hui la clientèle plus âgée et plus aisée s’y met également…

Post-pandémie et ecommerce alimentaire - nouveaux modèles et expériences client

Aujourd’hui, avec plus de 50% de Français ont déjà essayé un de services de livraison de courses alimentaires (Source : Cnews). Les populations issues des classes moyennes, située dans des zones urbaines plus denses et habituées au digital et à l’e-commerce contribuent également à attirer des nouveaux services et modèles économiques dans les grandes villes.

Avant la crise Covid, les freins historiques à la livraison à domicile étaient essentiellement liés encore à un manque de confiance (impossible de tester, toucher les produits, surtout les frais), au choix limité de produits sur les plateformes, l’habitude de « l’expérience physique », le temps de livraison (pas toujours pratique), ainsi que la crainte liée à la fraicheur et « durabilité » des produits reçus en livraison …

La rentrée à Paris a été marquée par l’arrivée dans la capitale de Yango Deli, le nouveau service de livraison des courses, lancée par le géant de la tech russe Yandex. Après 5 villes en Russie et le lancement récent à Tel Aviv, Yango Deli part à la conquête de Paris et Londres. Promesse ? Vos courses de produits frais livrées en 15 minutes en vélo ou trottinette électrique. Pas de minimum de commande contrairement aux autres services : Yango mise sur les petits achats spontanés et fréquents.

La logistique derrière l’ultra-rapidité de start up comme Gorillas, une licorne allemande, ou Cajoo, une startup française, se base sur le modèle de « dark stores » : un réseau des petits centres de distribution, inaccessibles au public, comme les « dark kitchens » des restaurants qui ne reçoivent pas des clients en physique (par exemple : les services comme Frichti, Nestor...).

Cette promesse, rapidité de livraison et achalandage réduit, est un choix tout opposé aux acteurs historiques de la livraison alimentaire, tels que Houra : ce service déjà bien connu des Français propose 50 000 références de tous les supermarchés (contrairement à 3 000 chez Yango), et requiert, lui, un minimum d’achat. Si Houra reste un « hypermarché » en ligne, Yango vise plutôt le positionnement d’une « superette » en ville, avec en plus des produits locaux.

Dark Stores new consumer habits
Local Commerce supported by new start ups such as Epicery

Les services « agrégateur », comme Epicery, initialement une marketplace pour les commerces locaux, sont souvent soutenu par de grandes entreprises. Ils peuvent ainsi profiter de leurs solutions de logistique et d’assortiment. Déjà soutenu par Monoprix, Epicery propose sur leur site les produits Franprix, Monoprix et Naturalia (du groupe Casino). En 2021, le groupe La Poste y prend une participation majoritaire (Source : LSA). Le parcours client est moins fluide que sur les sites comme Houra ou l’e-commerce des enseignes comme Carrefour et Leclerc, puisque le client achète les fruits et légumes dans une boutique, la poissonnerie dans une autre et les produits d’épicerie dans une troisième ; mais le modèle permet aux clients de soutenir les boutiques du quartier et trouver des produits frais de qualité sans sortir de chez eux. Comme chaque boutique a son propre circuit d’approvisionnement et de livraison, pas de promesse de livraison ultra-rapide et un minimum de commande de 20€ dans chacune des boutiques.

Un autre modèle économique, collaborative, est celui de Shopopop, une startup de livraison nantaise. Le service vous propose de se faire livrer par vos voisins : une fois votre casier payé dans le magasin de votre choix, vous choisissez l’option de livraison à domicile par Shopopop, et le livreur particulier le plus proche est averti.

Derrière la multiplicité de ces nouvelles offres résident notamment l’enjeu logistique qui pèse sur les équations économiques des différents modèles. Selon l’étude Capgemini « The Last-Mile Delivery Challenge” en 2020, 97% des entreprises déclarent que les modèles actuels de livraison du dernier kilomètre ne sont pas applicables durablement partout et à grande échelle, mais seuls 1% d’entre eux prêts à assumer la totalité du coût de la livraison du dernier kilomètre.

Aujourd’hui deux approches se dessinent fréquemment au travers des acteurs observés sur ce marché :

  1. Miser dès le départ sur un grand nombre de références et optimiser le coût logistique au travers de deux tactiques :
    1. déporter la charge logistique sur les partenaires ou producteurs (comme Houra),  comme le font les marketplaces le plus souvent,
    2. monter des partenariats facilitateurs tels que l’ont fait récemment Epicery avec La Poste ou Pour De Bon avec Chronofresh, ou autres agrégateurs de produits
  2. Favoriser les circuits courts et ultra-local, puis étendre progressivement l’offre à un niveau régional voir national, une fois un premier seuil de performance et de notoriété atteint en local ou ultra local. Par exemple La Belle Vie 

Parmi les autres optimisations déployées par certains, on retrouve également l’exclusion de l’ultra frais de l’offre des relais de distribution spécifiques (« dark stores » de Yango et Cajoo), ou encore des points de collecte dans des magasins partenaires ou chez les particuliers, à l’instar de Shopopop.

Les changements de comportement des consommateurs induits par la pandémie, ont donné naissance à une offre grandissante de services de livraison qui s’adapte ainsi à la nouvelle cible urbaine (des professionnels ou des jeunes familles), qui n’a pas le temps de faire les courses mais qui cherche les bons produits.

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Crédit photo : Maria-Lin-Kim Unsplash

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